24 octobre 2016

Faits pour se rencontrer

2 Faits pour se rencontrer jpeg

 

Mais non, en vrai, on est des gentils.

Paix, fleurs et chaleur sur vous.

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07 juillet 2016

COMMENT SUICIDER SES SALARIÉS EN 10 LEÇONS

En 2007, je pondais ça:

suicides au travail 2007

 

 Nous sommes en 2016, mais l'opiniâtreté peut payer:

 

Suicides : le parquet demande le renvoi de la direction de France Télécom pour " harcèlement moral "

D'ici à trois ans, 22 000 salariés devront avoir quitté l'entreprise, 14 000 autres auront changé de poste. Soit une personne sur trois. " Ce sera un peu plus dirigiste que par le passé ", a admis Didier Lombard ce jour-là, mais " je ferai [ces départs] d'une façon ou d'une autre, par la fenêtre ou par la porte ".

http://www.lemonde.fr

 À propos de certains commentaires suivant l'article du monde:

 Réaliser d'indécents calculs comparatifs sur le "réel taux de suicides" au sein d'une entreprise est un manque de respect à l'égard des victimes et de leurs proches, (ne perdons pas de vue les conséquences d'un suicide).

 Prétendre "établir des faits" en chiffrant "la casse humaine" pour autre chose que rétablir la justice est au-delà de la sécheresse de coeur. Je crains que notre empathie collective n'ait effectué un séjour prolongé dans un bain de natron.

 On se plante de débat, là, chères calculettes humaines.

 Ça vous intéresse de savoir que vous comptez des morts, et que peut-être, autour de vous des personnes encore bien vivantes sont en train de subir les mêmes pressions? Que peut-être, vous pourriez empêcher un nouveau drame en regardant autour de vous et en manifestant votre désaccord? 

 Ce qui compte est de comprendre pourquoi et comment dans une société prétendue civilisée on autorise la destruction de vies humaines de façon organisée, systématique, implacable pour du PROFIT, et d'y trouver au plus vite des parades pour ne plus que ça se reproduise. 

 Car oui, depuis des décennies, ces méthodes assassines sont généralisées, oui, elles s'appliquent partout, sur toutes et tous. L'important n'est pas de réaliser des statistiques évaluant l'efficacité effroyable des techniques utilisées de telle ou telle entreprise, car ce serait les avaliser, admettre qu'elles sont la norme, et qu'on ne peut rien y faire.

 "Ha, tiens, France Télécom a fait deux suicides de mieux qu'EDF cette semaine."

 "Certes, mais ne perdez pas de vue qu'avec les accidents mortels au travail, EDF reste bien placé dans la suppression du personnel." 

 "Mmmmh, c'est assez juste, il faut que je revoie mes barèmes en tenant compte de cette variable. Il n'y a pas à dire, ces managements sont très performants."

 Je note tristement que les noms et les statuts de ces deux entreprises ont changé depuis, et que ces évènements ont eu lieu alors que le code du travail en vigueur était censé protéger les salariés. Je vous laisse imaginer ce que ce sera avec la nouvelle loi travail. 

 "C'est inadmissible!".

 Le terme est très en vogue chez un spécialiste du 49.3 en ce moment, il est repris en choeur par la piétaille médiatique et les crevards de base comme Gattaz, si prompts à s'indigner lorsqu'il s'agit de contester le fait que nous ne sommes pas des bipèdes qu'on peut tuer sans vergogne pour un peu plus de fric et de pouvoir. Eux non plus ne sont pas immortels.

 Réveillez-vous les gens!

 Paix, fleurs et chaleur.

 

11 février 2016

Agnostique et féministe toutes voiles dehors

Souvenirs d'intérim. 

Afin d'éviter les grossières approches d'extrémistes de tout poil, je conseille fortement la lecture du texte qui suit les crobards.

Paix, fleurs et chaleur aux autres. 

1 agnostique féministe toutes voiles dehors jpeg

2 agnostique féministe toutes voiles dehors jpeg

 

C'était il y a plus de dix ans.

Elle étudiait en FAC, et bossait en intérim pendant les vacances. 

 Intelligente, drôle, elle avait de grands yeux de biche, et retroussait bizarrement ses bas de  pantalon, exhibant des chaussettes rayées jaunes et noires, qui m'évoquaient deux abeilles hyperactives aux heures de bourre.

 Elle mangeait des petits pains au lait fourrés à la confiture.

 J'ai oublié son prénom.

 Elle n'a pas mal pris ma question, mais plutôt ma réponse.

 J'ai eu la  sensation confuse d'avoir gaffé, car il y a eu un gros blanc, et un sourire crispé qui demandait clairement si j'étais sérieuse.

 Oui, je l'étais dans le fond.

 L'humour noir et la boutade troisième degré sont des réflexes personnels, et la pratique du cynisme spontané n'est pas du goût de tous; ça peut être pris pour une agression personnelle, ce qui n'était évidemment pas le cas.

 Agnostique, je me foutais royalement qu'elle soit croyante pratiquante et porte le voile.

 Ce qui me gênait était qu'on en exige plus d'elle que de ses frères, -des enfants-rois-, et qu'elle trouve cela normal.

 Que des hommes puissent aller tête nue sans qu'on s'en offusque, tandis qu'on l'interdit aux femmes, sous prétexte de pudeur, me gonflait profondément.

 C'est implicitement accuser la femme de chercher à séduire et la responsabiliser si un petit frustré s'attaque à elle. Le vieux mythe de la femme tentatrice, une énième et triste version de la rengaine qu'une femme portant la jupe courte cherche à se faire violer. Là c'était cheveux visibles = manque de dignité et/ou appel au sexe.

 Certains hommes ont une chevelure splendide et on pourrait au minimum prétendre à un apanage de drague.

 Sauf que non; ce sont juste des créatures hyper-sensibles, sans self-control et obsédées sexuelles, puisque la vue d'un cheveu féminin flottant au vent peut les plonger dans les affres de la lubricité.

 Les femmes seraient donc des garces dévoyées, les hommes des abrutis sans maîtrise, et tout ce petit monde en rut permanent.  

 Sympa ce que les dogmes religieux laissent entendre de l'humanité.

 Malheureusement, les 3 religions monothéistes principales tendent toutes en ce sens, il n'y en a pas une pour faire mieux que l'autre. Toutes ces religions me font chier parce qu'elles divisent au lieu d'harmoniser. Parce que se sont des hommes qui s'arrogent le droit d'en interpréter les textes et de les faire appliquer. Parce que depuis des millénaires, elles tuent, oppriment et oppressent.

 Depuis, j'ai lu les sourates du Coran, que j'ai trouvés aussi chiants, obscurs et/ou violents que l'Ancien Testament et le Nouveau Testament. Je n'ai pas lu la Torah, mais il y a fort à parier qu'elle me tombe des mains aussi.

 Les pratiques religieuses ne m'intéressent que par leurs aspects historiques, sociologiques, ethnologiques ou anthropologiques.

 La place assignée à la personne dans la société humaine ne cesse de m'étonner et de m'émouvoir, malheureusement pas toujours dans le bon sens. 

 En blaguant sans réfléchir, je cherchais à me protéger du malaise que les convictions de ma collègue éveillaient en moi. Ce qu'elle me disait de sa vie de famille contredisait la jeune femme libre avec qui je  travaillais. Je trouvais ça malsain et intenable à long terme, et avais l'impression qu'elle endossait volontairement deux personnalités opposées en fonction du lieu où elle se trouvait. 

 Pourquoi, jusqu'où et comment se traduisaient ses limites?

 C'est une question que je me suis souvent posée dans de multiples domaines, y compris par rapport à mes propres soumissions dans la société, en tant que femme, précaire, pauvre, etc... En particulier quand mon rejet instinctif et virulent de toutes formes d'injustice se manifeste d'abord comme ressenti avant d'être une analyse lucide de faits.

 Que ce soit les différences de salaire, le partage des tâches, la béance en terme de parité ou les interdits religieux, je ne supporte pas la banalisation de l'assujettissement des femmes, et dédramatise souvent par l'humour, pour ne pas en pleurer. Des plombes qu'on supporte leur patriarcat moisi, qu'il faut se battre en permanence pour ne pas se faire marcher dessus, et parfois lutter contre nos propres conditionnements, alors merde!

 Évidemment, je ne voulais pas m'attaquer à elle, ni à sa foi, et ai réalisé trop tard ce qu'impliquait mon humour par l'absurde.

 Rétrospectivement, je me rends compte que j'associais la religion à un cancer. Et si je regrette de l'avoir peut-être blessée par maladresse, je ne regrette pas de considérer que toutes les religions semant les interdits et considérant une partie de leurs adeptes comme inférieure à l'autre sont, pour moi, des cellules malades et dégénérées dans notre société déjà bien fragile.

 Je ne sais pas ce que cette collègue est devenue.

 Comme je ne sais ce que sont devenues mes copines juives dont la mère et la belle-mère portaient la perruque et se "purifiaient" après leurs menstrues. Ont-elles dû, elles aussi, demander l'autorisation pour prendre la pilule une fois mariées?  D'ailleurs, se sont-elles mariées?

 La fille d'une de mes anciennes employeuses catho-catho respecte-t-elle toujours son voeu de silence, et se rend-t-elle toujours à des messes où hommes et femmes sont séparés? Sa petite-fille considère-t-elle toujours "qu'une maman est à la maison" et que "les règles sont du mauvais sang"?

 Ses femmes sont-elles toujours croyantes? Pratiquantes? Ont-elles toujours la foi?

 Je pense que oui, et même je leur souhaite, car avoir la foi doit être bien confortable par les temps qui courent.

 J'espère, par contre, qu'elles ont cessé de se soumettre à des coutumes discriminatoires à l'égard des femmes, mais là, j'ai comme un très gros doute.

 Ne lâchons rien.

 

 

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07 janvier 2016

Pour 2016, soyons intelligents comme des Belges

BONNE ANNÉE 2016

 

 

 Un petit bilan 2015 et un bon coup de gueule avant de vraiment plonger dedans.

 Je ne sais pas pour vous, mais il y a déjà une grosse décennie que le 31 janvier marque avec soulagement la fin d'une année pourrie, plutôt que l'arrivée d'une toute neuve dont les surprises variées seraient appréhendées dans la curiosité et  l'enthousiasme. Au fil des ans, s'est instaurée une lassitude sournoise effritant la joie de la découverte, remplacée peu à peu par l'illusion que de toute façon, ça ne pourra pas être pire.

 En gros, n'en jetez plus, la cour est pleine, plus serait de la gourmandise.

 Outre une démolition appliquée de tous nos acquis sociaux et une indécence financière internationale, je mettais ce constat sur mon statut de précaire professionnelle, mon provisoire qui dure, sur mon entourage dont les constantes demeuraient un profond mal-être et une pauvreté larvée, au gré de changements géographiques, d'instabilités professionnelles, de séparations ardues, de maladies... J'ai même cru un moment que cette blazitude plébéienne était liée au fait de devenir de vieux croûtons ensemble...

 En définitive, il semble que la délivrance d'une année jugée infecte se soit généralisée.

 Il n'est plus ici question de statuts sociaux ou d'inégalités frappant mon quotidien et ceux de mes proches; tout le monde est dans le même bain d'amertume. Perso, j'aurais préféré un nivellement par le haut plutôt que le ressenti d'une aigritude commune, jusque-là étrangère à certains; le contraire eût été mesquin.

 Mais bon, rêver ne nous appartient plus, car  l'injustice a fait une entrée armée sur notre sol jusque là en paix, et ça choque.

 Joies de la mondialisation et des technologies à haute vitesse dans la surinformation: ceux qui étaient passés au travers ou n'en n'avaient pas conscience ne peuvent plus l'ignorer depuis le 13 novembre. Et nous voilà tous inquiets aux entournures.

 Il est légitime et tout à fait normal d'avoir peur. Ce n'est pas une raison pour devenir complètement cons non plus.

 Je parle ici de la xénophobie frénétique ambiante, qui commence sérieusement à me courir sur le pancréas.

 Il faut dire que dans un pays où le vivre ensemble signifie de plus en plus emmerder son voisin pour lui gâcher ses éventuels petits plaisirs et son droit de vivre benoîtement, on a été très gâtés en 2015.

 En janvier, je suis tombée des nues en découvrant que, dans un vain espoir ou une profonde bêtise, certains s'accrochaient à l'idée qu'ils n'étaient pas concernés par les attentats.

Morceaux choisis :

"Charlie l'a bien cherché, on ne critique pas les religions". [Si; en France, on a le droit, mais c'était jusqu'à présent une cause de mort assez peu répandue].

 "L'hypercacher c'étaient parce qu'ils étaient juifs, on sait qu'eux et les arabes, ils ne peuvent pas se saquer". [Ha bon? Tous, sans exception?].

 "Les flics, c'est leur boulot". [De mourir?]...

Cette ignorance crasse, ces racismes primaires, ces raccourcis haineux entendus ou lus un peu partout, je n'ai pas voulu m'y arrêter, aveuglée par l'espoir d'une manif' du 11 janvier signifiant qu'on ne se laisserait pas faire. Je pensais bêtement que tout le monde avait compris que la menace ne ciblait pas seulement une catégorie de citoyens, mais TOUS les citoyens, dans leur mode de vie collectif comme individuel, et que nous allions enfin nous réunir pour lutter. Nous, le peuple.

 J'avais tort.

 La récupération politique étant hélas inévitable, elle fut peu surprenante dans son orchestration.

Tout au plus, étant partisane d'une mesquinerie irrévérente et défoulatoire, ai-je rigolé devant les images de ces chefs d'état attendant le bus, le fond de caleçon moite, tirant la gueule et bataillant pour avoir une place, comme n'importe quel lambda aux heures de pointe.  Le nain impérial jouant des coudes pour être au premier rang, posant une énième touche de ridicule à son discrédit m'a aussi fait jubiler. Voir s'afficher des saloperies du type Netanyahu vachement moins, mais le populo franchouille n'avait pas été consulté sur la liste des invités.

  Bon, face à leurs petitesses politicardes, un esprit magnanime pouvait leur reconnaître d'avoir été là quelques instants avant de retourner à leurs pénates gouvernatoires, car un trou du cul pétri d'instincts de meurtres auraient pu faire un joli carton. Ça n'a pas été le cas, mais je suis sûre que beaucoup y ont pensé.

 Bref.

 À la suite d'un mouvement d'une telle ampleur, nous étions en droit d'attendre la prise  de bonnes et justes décisions. Mais une candeur populaire de ce type confinait à la simplicité d'esprit, qu'il soit du 11 janvier ou non: il n'y a aucun moyen de changer nos élus, qui ont réagi exactement comme attendaient les ennemis de la démocratie, intérieurs ou extérieurs. Rappelons qu’une réaction devant l’horreur tient plus de l’instinct, rarement d’un acte réfléchi et constructif. L'énormité de l'émotion prédisait l'avancée prochaine de bruits de bottes qui n'auraient rien de feutré, ce qui s'est confirmé par la suite, au prétexte que les citoyens n'ayant rien à se reprocher ne voyaient pas d'inconvénient à sacrifier leurs libertés. 

 En gros, ça revient à dire qu'on sait de source sûre que les terroristes ont bénéficié des mêmes libertés que les citoyens innocents, alors on décide de supprimer les libertés, au gré des évènements.

 Et alors quoi? Comme ça les méchants ils seront bien embêtés? On fait ça pour notre bien? Qui peut gober un truc pareil?

De ma coquille protectrice, j'ai guetté phrases et actes incohérents, constatant, effarée, le tangage d'une nef de fous, à la navigation incompréhensible, sans logique, ni bon sens. Juste le sens du vent, soufflé par des médias désastreux confondant information étayée avec bourrage de crânes émotionnel. Quitte à mettre des otages en danger, et compromettre l’efficacité des forces de l’ordre. « ‘Faut de l’audience, coco ! » :

 

 

Les Inrocks - BFMTV : le culte de l'événement permanent

BFMisation de la société... BFMisation de la vie politique... BFMisation de l'information... Quelle meilleure consécration pour une marque, un produit, une personnalité que de voir son nom entrer dans le vocabulaire courant ? La chaîne d'information en continu créée par Alain Weill a réussi en moins d'une décennie à imprégner le langage des politiques et des médias.

http://www.lesinrocks.com



 L'année s'est donc écoulée, avec ses ravages d'inégalités, de spoliations sociales, d'injustices, de massacres, de guerres... Comme d'habitude, ou presque.

 Car si l'absurdité de décisions prises dans l'urgence demeure une tradition, les répercussions ont empiré.  D'inépuisables manifestations de haine et de rejet de l'autre ont enflé partout, de plus en plus vite, avec plus de puissance. Particulièrement en France.

 Venant de califats autoproclamés tuant leurs habitants, légalisant l'esclavage et faisant du viol de milliers de femmes et de fillettes une institution, on sait qu'on n'a pas grand' chose à attendre de bon. Mais l'appel au meurtre de Français par d'autres Français, je ne pensais pas que ça serait encore possible d'une manière aussi étendue et BANALISÉE. 

 Les préjugés racistes fleurissent à profusion, me prenant désormais par surprise au détour d'une conversation amicale, autour d'un repas d'anniversaire, en faisant mes courses...

 Exemple parmi les plus édulcorés:

" Et pourquoi qu'on devrait accueillir tous ces Syriens qui viennent prendre le travail des Français?"

 Oui; en mes vertes contrées perdues où on a dû voir un habitant de couleur moins d'une fois par décennie, en comptant les touristes égarés des dom-tom, j'entends ce genre de propos délicat... (J'habite depuis peu un TRÈS petit village).

 [Bah, je ne sais pas, ducon... Parce qu'ils fuient leur pays en guerre et n'ont pas voulu choisir entre el-assad et daèèche?... Parce qu'ils nous ont suppliés de les aider pour ne pas y être contraints il y a 5 ans, et que nous n'avons rien fait? Peut-être qu'ils préfèreraient rester chez eux si on n'y mourrait pas si souvent, plutôt que venir chez nous où ils sont si mal reçus? Qu'est-ce que t'en penses? Sinon, l'exode des Français pendant la deuxième guerre mondiale, ça te dit quelque chose?]

 Ces visions sclérosées rappellent le sketch "le douanier", de Fernand Raynaud, un franc succès des années 70. Un intemporel aussi, hélas!

fernand reynaud le douanier

 Sommes-nous aujourd'hui toujours aussi crispés sur nos a priori? 

 Bien sûr que non; c'est encore pire depuis le 13 novembre, où la détestation de nos façons de vivre nous a explosé à la face, en même temps que tombaient dans l'horreur de jeunes gens qui ignoraient être haïs.

 Comme les Américains ont découvert un triste 11 septembre que, contrairement à ce qu'ils pensaient, une bonne partie du monde ne pouvait plus les blairer.

 Nous devons vivre avec l'idée que ne pas faire l'unanimité peut être mortel, et ce concept nous échappait un peu sur un territoire qui n'a pas connu de guerre depuis 1945.

 Bien sûr, être montrés du doigt par les adeptes moisis d'une secte délirante est plutôt rassurant, mais comme ils recrutent les aigris chez nous, on pourrait au moins se demander pourquoi sans sombrer dans les réponses faciles, et commencer à lutter sur le plan personnel pour éviter que ça se reproduise. 'Pas facile quand la peur est marquée à la culotte par une xénophobie latente, qui n'attendait qu'une occasion pour s'exprimer avec la même force et le même naturel qu'un collabo pendant l'occupation.

Cette haine, cette trouille, ces méconnaissances; tous ces maux assassins nous ont matraqué tripes et  neurones chaque jour dans une agression lancinante. Il est de plus en plus banal de clamer son racisme et d'appeler à la ségrégation.

 Aujourd'hui, ces intolérances exacerbées ont envahi mon quotidien, jusque chez moi, jusqu'à la nausée.  Ce n'est ni la France que j'ai connue, ni surtout celle que je souhaite.

 Bien sûr, je ne découvre pas le fil à couper le beurre, mais être entourée d'une haine portée par les autres m'est devenu plus insupportable qu'avant. Je ne comprends pas la redondance de l'histoire, que nous en soyons encore là: soi-disant hommes modernes, en définitive en pleine régression de conscience.

 Notre seul pouvoir en tant qu'individu est de ne pas laisser faire, ne pas laisser dire, marquer son désaccord. C'est la seule réponse saine pour ne pas sombrer dans l'exécration généralisée.

  Il ne s'agit pas de pratiquer un angélisme aveugle; oui, il y a des cons partout, et on a le droit d'envoyer aux pelotes celui qui nous agresse en tant qu'individu, quelle que soit sa couleur. Mais à notre petit niveau, ne nous laissons pas coloniser par un racisme primaire ne reposant sur rien d'autre qu'une peur planifiée par autrui, politiques compris. Cette tactique du "diviser pour régner" ne date pas d'hier, mais là, ils jouent sur du velours. Il nous appartient de ne pas nous laisser convaincre. Ne cédons pas aux appels de sirènes xénophobes car nous valons mieux que ça, et avons prouvé dans le passé que nous pouvions leur résister.

 La marée noire qui a failli nous submerger au premier tour des régionales laisse, comme toute marée noire, les traces indélébiles d'une pollution mentale nécessitant du temps et de la minutie pour un sain nettoyage.

 Ce temps, non seulement le gouvernement refuse de le prendre, compressé par les attentats de 2015, et la supposée "attente" des citoyens de "mesures fortes" pour "les protéger", mais il ne fait que réagir à des évènements ponctuels, évidemment effroyables, mais inévitables, et appelés à se reproduire. À trop craindre les débordements, on finit par les provoquer. Ce n'est pas en servant les soupes saumâtres du FN qu'ils apaiseront les moeurs guerrières.  

 Le scandaleux hochet de la déchéance de nationalité n'est qu'une mesure occupationnelle, parfaitement inefficace à empêcher d'autres attentats, et créant des inégalités supplémentaires entre Français.

 On nous le serine depuis le début; il est impossible, à moins de mettre un policier derrière chaque citoyen, d'empêcher un grincheux lobotomisé de trucider du chaland sur notre territoire. En quoi lui supprimer la nationalité Française le dissuadera puisqu'il déteste déjà la France? En rien du tout, et nos gouvernants le savent bien; ils nous donnent un os à ronger pendant qu'ils modifient notre constitution et prolongent l'état d'urgence, histoire de garder les coudées franches, sur fond de campagne présidentielle 2017.  Au moins ne peut-on pas leur reprocher d'être inconstants.

 Heureusement que la France a poliment prévenu qu'elle dérogerait à la convention européenne des droits de l'homme, on aurait presque pu croire que les abus découlant de l'état d'urgence étaient considérés comme une routine acquise... 

 Conséquences de leurs inconséquences; un boulevard est ouvert au FN, avec les dégâts prévisibles que l'on sait. Nos dirigeants actuels n'ont pas l'air trop préoccupés par l'utilisation que ce parti ferait des outils qu'ils sont en train de leur forger, tout bouffis de suffisance qu'ils sont, et n'envisageant pas une minute une victoire de Lepen aux présidentielles 2017. Ils ne s'inquiètent que de la préservation de leur pré carré, persuadés que les abstentionnistes leur sauveront les miches à coup sûr, comme au second tour des régionales.

 Il ne faut pas se leurrer; le jeu dangereux auquel ils se livrent actuellement ne sert que leurs intérêts immédiats. Ils n'ont aucune idée de ce que sera la suite,  restant sourds et aveugles aux coups de semonces électoraux, incapables de se remettre en cause et de changer. Ils payent l’indécence de leurs calculs effectués sur le dos de cadavres, ils se sont piégés tout seuls. L'adaptation est un signe d'intelligence, nos élites prouvent actuellement qu'elles sont complètement inadaptées quand il s'agit d'intérêts collectifs et du bien commun. C'est à nous de rattraper la sauce et d'être lucides à leur place.

 Au lieu de préconiser un retour à la religion catholique comme seul rempart moral au délitement de notre société, ainsi que le recommandent des abrutis restés coincés en 1904,  pratiquons la sagacité avec ferveur dans notre petite vie d'anonyme.

 En 2016, soyons intelligents comme des Belges.

Pourquoi les Belges?

Déjà parce qu'ils ont su fonctionner comme des grands ; sans gouvernement pendant 18 mois et sans que ça ne tourne à l'émeute ou la guerre civile, (du 13 juin 2010 au 6 décembre 2011), -et se sont aperçus qu'à l'issue de cette crise politique, ils avaient fait plein d'économies-. Bien sûr, la Belgique est une monarchie et un état fédéral, mais, puisque nous sommes prêts à changer notre constitution, pourquoi ne pas s'inspirer d'exemples où, même sans capitaine, équipage et passagers savent arriver à bon port sans catastrophe notable? Se passer de hauts gouvernants, c'est possible: les Belges l'ont prouvé.

 Ensuite parce qu'ils ont démontré leur pragmatisme en traitant une facette du racisme avec efficacité, sans manoeuvres politiciennes, simplement en appliquant la loi. Ici, la condamnation de dieudonné:

 

Dieudonné condamné à 2 mois de prison ferme par la Belgique pour antisémitisme

Le tribunal correctionnel de Liège a tenu compte, ce mercredi en rendant son jugement dans le dossier de Dieudonné M'Bala M'Bala, de la longueur du délai qui s'est écoulé entre le spectacle qui lui valait d'être poursuivi, qui remonte au 14 mars 2012, et la sanction prononcée.

http://www.lesoir.be

 

http://www.lesoir.be/1052908/article/actualite/belgique/2015-11-25/dieudonne-condamne-2-mois-prison-ferme-par-belgique-pour-antisemitisme

Bien fait pour sa gueule, hommage aux Belges.

 Plutôt que d'offrir une tribune et de la propagande gratuite à tous les dieudonné et autres soral en interdisant leur spectacle ou conférence, -leur permettant au passage de se victimiser-, on pourrait, comme les Belges, constater sur place toutes leurs infractions et les condamner dans la foulée.

 N’y a-t-il pas des lois Françaises permettant de régler des problèmes similaires? Si, évidemment.

 Sans chercher bien loin, voilà ce que Wikipédia référence sur le sujet:

 

Lois contre le racisme et les discours de haine

De nombreux pays possèdent des lois contre le racisme et les discours de haine. Certaines lois prohibent la discrimination à base raciste, c'est-à-dire, le choix fait en raison de la race supposée ou réelle d'une personne.

https://fr.wikipedia.org

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_contre_le_racisme_et_les_discours_de_haine#France

Uniquement en appliquant le code pénal, on aurait déjà un bon tri de fait, à tous niveaux. Pourquoi ne pas en faire usage de manière systématique?

 Rien que pour le  FN, leurs meetings et déclarations publiques enfreignent régulièrement ces lois.  Le souci de ce parti familial – nanti, et absolument pas proche du peuple, contrairement à ce qu’il veut faire croire- peut être réglé avec des solutions simples qui existent déjà...  Tels des Al Capone réputés intouchables, mais condamnables tout de même. Avec tout ce que les Lepen et affidés nous pondent depuis des années, il n'y a que l'embarras du choix.

  Malgré des initiatives en ce sens, rien n'a vraiment abouti. Ce n'est pas parce que le FN est inattaquable, mais parce qu'on l'a considéré comme tel, "au nom de la démocratie". Démocratie mon cul.  La liberté de penser n'est pas la liberté d'expression qui est limitée par la loi. On peut détester les immigrés et leur descendance Française, on peut honnir les pratiquants du culte voisin, mais appeler à les éradiquer, leur nuire ou les discriminer est interdit.

 Quand on prétend être élu et représenter son pays, on commence par respecter sa législation. Ça ne me gênerait pas plus que ça qu'on spécialise des policiers et forme des juges supplémentaires pour les y contraindre, au moins, ce serait utile.

 Le FN n'a été qu'un conte destiné aux électeurs pas sages pour leur faire peur, afin de mieux les insérer dans des rangs obligatoires pauvres en idées et en effets. Sauf qu'à force d'inégalités prolongées et de vide éducationnel, les électeurs ont fini par croire au conte et lui ont donné vie, en se disant que ça pourrait peut-être marcher. Celui qui vote FN sait très bien ce qu’il fait et qui il choisit, mais il ignore qu’il croit encore aux contes de fées. Il n’y a qu’à regarder leur programme économique…

En vrai, à qui profite le crime?

 Bien sûr, supprimer le problème n'est pas le résoudre: interdire le FN pour des motifs justifiés et légaux n'enlèvera pas le racisme de la tête des Français. Cependant, ce serait un premier pas sensé, avant de prendre les difficultés à bras le corps et sur le terrain, comme ça n'a pas été fait depuis plus de 50 ans par nos têtes pensantes qui ont joué à l’autruche. En tout cas, ce serait un bon départ pour reconquérir notre république et ses idéaux. La division programmée du peuple nous en éloigne chaque jour un peu plus.

 Cessons de bêler, soyons responsables et aimons-nous un peu plus pour mériter nos libertés. Retrouvons l'estime de nous et des autres.

Voilà en tout cas ce que je vous souhaite, au moins pour l'année 2016 : beaucoup d'amour, de la fraternité, de la laïcité, et de la lucidité. Pour l'égalité, je pense qu'il faudra attendre un peu.

D'ici là, soyons intelligents comme nos amis les Belges et convertissons-nous au pragmatisme raisonné.

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11 décembre 2015

En panne décence

 Je n'avais pas envie d'aborder les attentats du 13 novembre 2015.

 Ça ne ressuscitera pas les morts, ne rendra pas indemnes les survivants, n'enlèvera pas leurs  souffrances ni celles de leurs proches. Il y a une forme d'indécence à parler pour eux.*

 J'espère qu'un jour ces personnes iront mieux, puis iront bien.  MERCI à TOUS ceux qui les ont secourues, les aident aujourd'hui et les soutiendront demain.

 Restons ensemble et ne cédons pas à la haine: celle que l'autre nous crache à la face, où il veut nous enfermer, celle que nous portons tous en germe et que nous sommes libres de développer, ou non. C'est dans ce choix personnel que se joue notre avenir commun. Souhaitons-nous réellement vivre dans des haines et des folies qui ne nous appartiennent pas?  

 Franchement on est tous devenus cons, aigris, haineux?

 C'est exactement ce que veulent les trous du cul d'en face, qu'ils soient d'un califat auto-proclamé ou du FN. Diviser pour régner, surfer sur la peur de l'autre, imposer leurs visions totalitaires.

 Personnellement, un paysage qui donne dans le carré noir sur fond noir, ça me fait chier l'oeil.  Pas vous?

 Je veux continuer à être une terrienne, version franchouille, jusqu'au bout des ongles.  Pas seulement parce que j'aime la bonne bouffe, le vin rouge et les concerts. Pas non plus en braillant la Marseillaise, parce qu'à choisir, je préfèrerais L'Internationale. Encore moins en pavoisant dans le bleu blanc rouge. Le ton hautain, ça ne me va pas: les pétarades étaient nettement plus hargneuses qu'un 14 juillet, et on est loin aussi de la deuxième guerre mondiale au moment de la libération. La fierté nationale je la préfère quand il y a quelque chose à fêter, pas à déplorer...

 Et on a très bien vu que pour symboliser une unité réelle, il en aurait déjà fallu une sincère de la part de nos politiques...

 Pour me sentir bien française en ces temps troublés, j'ai plutôt envie d'explorer le cliché du Français jamais content, râleur, critique et  nombriliste. Étaler ma franchitude de base avec les trucs qui m'ont fait bondir depuis un mois. Pointer les détails absurdes, révélateurs d'une gangrène bien instaurée dans nos esprits  avant, pendant et après les attentats.  Ça sera sans doute dans le désordre, dépassé, sans pertinence, mais bon, il faut que ça sorte...  Au moins, ça soulage.

 Pour commencer, une mention "spéciale rat" à l'infâme qui nous a servi de nain impérial de 2007 à 2012.  Le 15 Novembre 2015, alors qu'il était reçu en tant que chef de parti par François Hollande pour "symboliser la République unie", il a donné une vision très nette de ses préoccupations concernant la France:

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* Deux liens vers deux chouettes textes écrits par deux victimes:

http://rue89.nouvelobs.com/2015/11/15/bataclan-jai-depose-plainte-tres-futile-tentative-meurtre-262108

http://www.fier-panda.fr/article/prendre-balle-bataclan

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08 décembre 2015

Marée noire, sérieux?!

Je finis de vomir les actus de ce dernier mois, et je reviens...

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13 novembre 2015

'Sont-y mignons!

Quand la culture de nos chères têtes blanches rencontre celle de nos chères têtes blondes, on obtient d'étranges résultats.

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23 septembre 2015

Humour gras

Rien de tel que le vécu, façon brèves de comptoir.

Oui; j'ai osé le dire, tout n'est qu'une question d'ambiance et de moment.

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